Guide pratique pour monter son projet d'éducation à l'environnement

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Les principaux cadres d'action

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Toutes les possibilités offertes par l'école ne pourront pas être développées ici, c'est pourquoi nous nous focaliserons sur les aspects les plus utiles à l'éducateur à l'environnement, à savoir :

Le projet d'école ou d'établissement. Il faut obligatoirement le connaître : une action aura beaucoup plus de facilité à se monter si ses objectifs concordent bien avec ceux du projet d'école.
Les PAE. Ils représentent l'un des dispositifs les plus employés et intéressants pour monter des projets en éducation à l'environnement.
L'organisation de séjours transplantés. Ceux-ci sont incontestablement des moments d'éducation à l'environnement très forts et efficaces.
Les Contrats Educatifs Locaux (CEL). Inter-ministériels ils débordent le temps scolaire pour un projet éducatif global et cohérent. Attention, ils se mettent en place début 99.
Les parcours diversifiés, qui proposent du temps scolaire pour la mise en œuvre de projets.

 

Le projet d'école ou d'établissement

Le projet d'école et le projet d'établissement (pour les collèges, lycées et lycées professionnels) sont obligatoires depuis 1988. Selon les textes, c'est "l'ensemble cohérent des objectifs, des méthodes et des moyens particuliers que l'établissement scolaire ou l'école définit afin de participer aux objectifs nationaux. Il intègre les données de l'histoire et de l'environnement, les contraintes auxquelles l'établissement est soumis et les atouts dont il dispose. Il est élaboré, mis en oeuvre et évalué dans une démarche participative des personnels, associant les usagers et les partenaires extérieurs".

Le projet d’école, établi pour 3 ou 4 ans révisable partiellement chaque année, est donc très important et il est intéressant de bien le connaître pour pouvoir y intégrer des projets, d’éducation à l’environnement entre autres, qui pourront être aidés par l’Education Nationale en complément des financements propres à ces dispositifs.

Le projet d'établissement est revu chaque année pour l'année suivante, mais avec des objectifs dans la durée (environ 3 ans). Il est en principe élaboré par le chef d'établissement et toute son équipe. En pratique on constate des modalités dépendant énormément de facteurs humains. Il peut être le fruit d'une seule personne ou mobilisé tout l'établissement et prendre des formes différentes selon les motivations.

Le volet culturel (qui comprend l'éducation à l'environnement) peut y être très développé ou totalement absent. Pour beaucoup d'établissements, le culturel se résume encore trop souvent à réaliser un voyage à l’étranger ou à emmener tous les élèves au théâtre une fois dans l’année.

Il faut néanmoins bien noter que les aides financières sollicitées dans le cadre des APIPE (Actions Pédagogiques Intégrées au Projet d'Ecole) excluent les investissements et les projets de classes de découverte. Elles existent pour aider à faire fonctionner le projet et peuvent entre autres servir à rémunérer des intervenants extérieurs (animateurs-nature). Mais ces aides sont cumulables avec des financements DIREN, ADEME, DRAC, ou actions labelisées (1000 défis pour ma planète, à l’école de la forêt…).

Le Projet d'Action Educative

Créés par la note de service du 24 août 1981 pour succéder aux "projets d'activités éducatives et culturelles" (PACTE), les projets d'action éducative visent à faire pratiquer aux élèves du premier et second degré des activités interdisciplinaires en liaison avec la "communauté" éducative locale (parents, collectivités locales, associations...) en mettant en oeuvre une démarche de projet, et en prenant appui sur les compétences spécifiques d'intervenants extérieurs (circulaire 26-06-89). Les PAE constituent probablement dans le second degré la structure pédagogique la plus favorable pour pratiquer l'éducation à l'environnement : en 1989, 10% des 14000 PAE nationaux ont été consacrés à l'environnement !

Le PAE s'intègre maintenant dans le volet culturel des projets d'établissements ou d'école.

En primaire, on constate que les PAE sont souvent mis en oeuvre sous la forme de modules courts (deux heures, une demi journée) étalés sur l'année. Toutefois l'instituteur est seul maître de son organisation et peut parfaitement s'organiser autrement..

En secondaire, ils peuvent se répartir entre les différentes disciplines concernées.

Un PAE peut être financé lorsqu'il s'inscrit dans le cadre du projet d'école ou d'établissement de l'année précédent la date de sa réalisation, dont il constitue souvent l'un des points forts. Il doit faire l'objet d'une demande auprès de l'inspecteur d'académie. Le retrait des dossiers se fait en octobre, et le dépôt avant le 15 novembre de l'année de la réalisation. L'éventuelle aide financière est généralement de faible importance (1000 à 3000 francs en moyenne) mais assez simple à obtenir.

Quelques exemples de PAE

L'esprit du loup. Les jeunes d'une classe de troisième du nord, sensibilisés aux désastres écologiques issus de l'action de l'homme, ont décidé de choisir le loup, animal symbolique, éliminé par la peur et l'incompréhension, et de le réhabiliter dans nos contrées et nos esprits. Pour cela ils ont réalisé une enquête, fait des recherches historiques et travaillé dans de nombreuses directions : contes et légendes, expressions françaises, exposition, production d'une vidéo, voyage d'étude au parc du Gévaudan, participation à de multiples manifestations, festivités, colloques, forums d'Association. Le projet s'est déroulé sur 2 ans à raison de 2 heures par semaines.

L'eau et les Déchets. Ce PAE s'est déroulé pour une classe de 5ème, en Meurthe-et-Moselle sur une année scolaire, à raison d'une heure par semaine. Il s'était donné pour objectif la réalisation d'une vidéo de sensibilisation des jeunes et adultes à la pollution de l'eau liée aux déchets. Les élèves ont réalisé une enquête, analysé les retours, recensé les problèmes locaux et leurs solutions technologiques. Ils ont réalisé une vidéo transversale et des séquences pour le journal vidéo communal sur câble.

Communications animales. A partir du programme de biologie de 5ème sur la communication animale, les élèves de cette classe de Haute-Garonne ont développé leur sens de l'observation, leurs capacités d'analyse et de mise en oeuvre d'une démarche scientifique à l'aide d'expériences faciles à réaliser. Leur démarche : observations sur le comportement animal sur le terrain et en vidéo, recherche documentaire, réalisation de panneaux, exposition lors d'une journée "La science en fête". Le projet s'est étalé sur 3 mois à raison de 2 heures par semaine.

Exemples tirés de "L'environnement au collège et au lycée 1993-1994"

Les séjours transplantés

Le terme de "classe transplantée" fût durant les années 70 une appellation officielle qui n'a plus cours aujourd'hui. Malgré son inélégance il reste toutefois bien pratique d'utiliser l'expression "séjour transplanté" comme un terme générique signifiant le transport d'une classe hors de l'école, avec logement des élèves hors de la structure familiale, pour un temps court (1 à 3 semaines généralement).

Dans ce sens, un séjour transplanté peut donc être indifféremment une classe de mer, une classe "patrimoine", une classe de nature, une classe rousse (ou d'autre couleur), une classe d'environnement... Certaines de ces appellations correspondent effectivement à des dispositifs standardisés contrôlés par une administration, d'autres ne sont que des appellations personnalisées données par des structures locales, ou des restes de vieilles habitudes.

De l'intérêt du séjour transplanté

"Le séjour transplanté est l'occasion pour les élèves de vivre autrement la classe. Pour les enseignants, c'est l'occasion de la "faire" autrement. Pourquoi, dès lors, ne pas afficher ces différences comme l'un des objectifs du séjour, et en tirer toutes les conséquences ? La notion de plaisir prend alors une place prépondérante. Plaisir à communiquer, plaisir à partager et à travailler ensemble, plaisir à vivre l'autonomie et les responsabilités au sein d'un groupe qui fonctionne "ailleurs", sur d'autres règles comme à l'abri du regard des adultes habituels... Alors, ne boudons pas notre plaisir, ni le leur ! Pourquoi ne pas en profiter, au retour, pour envisager, modestement, les évolutions qui prendront appui sur les observations faites lors du temps privilégié que constitue la classe transplantée ? Pourquoi ne pas en profiter pour que les enfants et les adultes de l'école, du quartier ou du village, poursuivent la découverte du plaisir d'être, de vivre et de travailler ensemble... même en classe."

Extrait de "Partir" n°4 (Cf. bibliographie)

Dans ce chapitre on utilisera indifféremment les expressions de "séjour transplanté" ou "classe transplantée".

Les dispositifs les plus utilisés

De nombreux dispositifs standardisés sont adaptés à la réalisation de séjours transplantés. Une liste (presque) exhaustive en est donnée au chapitre "Dispositifs scolaires", page *.

En ce qui concerne l'éducation à l'environnement, nous souhaitons toutefois insister sur trois dispositifs particulièrement adaptés et utilisés : les Classes d'Environnement, les Classes d'Initiation Artistique et Culturelle, et les "Séjours".

La Classe d'Environnement

C'est la nouvelle appellation de l'ancienne "classe de découverte", ce qui illustre bien le fait qu'elle constitue une excellente structure pédagogique pour la pratique de l'éducation à l'environnement. Ce type de classe permet aux élèves de tous niveaux (préélémentaire à lycée) de "vivre des démarches d'exploration et d'appropriation du milieu qu'ils pourront ensuite réinvestir dans leur cadre familier". La démarche proposée pour la mise en oeuvre des "projets interdisciplinaires" conduits en classe d'environnement correspond parfaitement à celle utilisée dans l'étude des problèmes d'environnement, avec une phase préalable "d'investigation spontanée, sensorielle, émotionnelle de l'environnement physique et humain", la mise à jour des problèmes existants, et enfin "la recherche de solutions et d'actions possibles". On constate que la pédagogie de projet, bien que non explicitement citée, est ici sous-tendue. (Voir "La pédagogie de projet ", page *).

L'appellation "classe d'environnement" requiert de partir en séjour transplanté de 6 à 20 jours (selon le niveau scolaire) pour travailler sur des thématiques "sport" ou "éveil" (nature, culture). Une demande d'autorisation du séjour doit être déposée auprès de l'inspecteur d'académie 6 semaines au plus avant le départ. D’autres organismes cofinancent généralement assez facilement ce genre de prestation : le Conseil Général, le Conseil Régional, la commune... sans oublier l'association de parents d'élèves (l'Amicale Laïque, par exemple) et la MSA (Mutualité Sociale Agricole). La CAF n’est plus financeur.

Classe d'environnement : quelques textes utiles

Loi sur le sport 1984.

Note de service n°528 du 02/04/84. Classes de découverte, Ministère EN, bureau DE 10.

Note de service n°87-6373 du 23/11/87. Agrément des intervenants extérieurs dans les établissements scolaires du premier degré. BOEN n°45 du 17/12/87.

Circulaire n° 88-279 du 08/09/89. Classes culturelles et ateliers de pratiques artistiques et culturelles. BOEN n°32 du 14/09/89.

Circulaire n°92-196 du 03/07/92. Participation d'intervenants extérieurs aux activités d'enseignement dans les écoles maternelles et élémentaires. BOEN n°29 du 16/07/92, nouvelle réglementation en cours.

Circulaire n°97-176 du 18/09/97. BOEN hors série n°6 du 25/09/97.

Circulaire n°97-176 bis du 21/11/97. BOEN n°42 du 27/11/97.

Quelques textes à connaître pour l'organisation d'une classe de découverte

La Classe d'Initiation Artistique et Culturelle

Ce type de classe, supervisé par les Ministères de l'Education Nationale et de la Culture, recouvre dans la forme une réalité assez proche de la "classe d'environnement" mais s'applique à des thématiques plus spécifiquement orientées "patrimoine" (architectural, archéologique, ethnologique, historique, littéraire, artistique...) ou "paysage" pour les scolaires du premier et du second degré. Beaucoup de projets d'éducation à l'environnement n'auront aucune peine à entrer dans ce cadre très ouvert.

Les organismes d'accueil des classes patrimoine peuvent être des monuments historiques, publics ou privés, des centres culturels de rencontres, des CPIE, des associations de chantiers de bénévoles, des organismes départementaux ou municipaux...

Il n'y a pas de dossier type pour une classe d'initiation artistique et culturelle, la demande doit être faite auprès de l'inspecteur d'académie, du Rectorat (MAAC) ou de la DRAC avant le 15 novembre en 3 exemplaires. Les projets doivent être réalisés sous forme de classe transplantée de 5 jours minimum. Il est possible d'obtenir une aide financière culminant à 20000 francs pour les projets à caractère artistique, et à 15000 pour les projets "patrimoine".

Classe culturelle : quelques textes utiles

Circulaire n°87-268 du 4/09/87. Développement des classes d'initiation artistique dans le premier degré. BOEN n°31 du 10/09/87.

Circulaire n°88-063 du 10/03/88. Classes culturelles dans le premier degré : les classes du patrimoine. BOEN n°12 du 24/03/88.

Circulaire n°88-083 du 01/04/88. Classes du patrimoine dans le second degré.

Circulaire n°88-108 du 19/04/88. Classes d'initiation artistique dans le premier degré. BOEN n°18 du 12/05/88.

Circulaire n°89-279 du 8/09/89. Classes culturelles et ateliers de pratiques artistiques et culturelles. BOEN n°32 du 14/09/89.

Circulaire n°90-312 du 28/11/90. Partenariat Education Nationale / Culture pour les enseignements artistiques et les activités artistiques et culturelles dans le premier degré : classes culturelles et ateliers de pratiques artistiques et culturelles. BOEN n°45 du 06/12/90.

Circulaire n°98-153 du 22/07/98. Education artistique et culturelle de la maternelle à l’université. BOEN n°31 du 30/07/98.

Quelques textes à connaître pour l'organisation d'une classe culturelle

Les Séjours

Les "séjours" sont des actions éducatives transplantées de durée plus restreinte (de 1 à 5 jours, avec un maximum de 5 nuits sur place). Les séjours "nature", "environnement" sont plus faciles à mettre en place que d'autres dispositifs, car ils nécessitent seulement l'accord du directeur de l'école ou du chef d'établissement. Les Inspecteurs sont nécessairement informés du projet. Un grand nombre de structures (du camping au CPIE) permettent l'accueil de ces séjours. Certains Conseils Généraux les subventionnent.

Séjours : deux textes utiles

Circulaire n°97-176 du 18/09/97. BOEN hors série n°6 du 25/09/97.

Circulaire n°97-176 bis du 21/11/97. BOEN n°42 du 27/11/97.

Quelques réflexions valables dans tous les cas

Que vous souhaitiez monter une Classe d'Environnement, une Classe d'Initiation Artistique, un Séjour ou toute autre forme de séjour transplanté, voici quelques questions importantes dans tous les cas (au lecteur de trouver les autres) :

Quand partir ? Un départ très tôt dans l'année permet de donner immédiatement une cohésion à la classe, mais présente des difficultés d'organisation et de préparation des élèves (et des parents!) en très peu de temps. Un départ en fin d'année fournit un sujet de motivation pour l'année entière, mais laisse peu de temps pour les suites. Tout est possible, rien n'est parfait...
La classe doit-elle être "à thème" ? Le seul fil conducteur sera-t-il la région d'accueil avec toutes ses richesses que l'on découvrira jour après jour ? Va-t-on au contraire se spécialiser dans une thématique, en pensant une progression pédagogique menant vers des objectifs précis ?
Comment prépare-t-on les élèves ? Il est en effet dommage que la classe constitue une occasion ponctuelle, alors qu'elle peut être source d'enthousiasme pendant plusieurs mois pour les enfants. La préparation peut consister en un travail sur la région d'accueil, sur ses particularités... Si la classe est à thème, défricher celui-ci sera d'une manière générale fort utile. Un premier apprentissage du travail en autonomie partielle peut aussi préparer le groupe à une meilleure efficacité sur place.
Est-il intéressant de faire appel à un animateur spécialisé en plus du ou des enseignants (voir ci-dessous) ?
Quelles seront les suites du séjour ? La remise en forme des acquis peut constituer un bon projet de fin d'année, avec intervention de toutes les matières. On peut envisager des retransmissions à l'école, aux parents, au grand public...
La classe doit-elle se dérouler en gestion libre ou pension complète ? La première solution est très intéressante, car moins chère, et plus apte à souder le groupe au travers d'une vie collective plus contraignante mais plus "forte". Elle est parfois épuisante, en particulier avec des classes très peu autonomes (comme les tous jeunes enfants) et la pension peut alors se révéler absolument indispensable.

Une contrainte toute administrative subsiste et peut faire râler certains : les factures engendrées par les projets doivent être envoyées à l'Inspection Académique avant fin décembre... difficile quand le projet se finalise en mai ou juin de l'année suivante ! A moins de trouver un arrangement pratique avec la Fédération Départementale des Amicales Laïques (ou des Oeuvres Laïques, cela dépend des départements) et que l'Inspection Académique accepte... Vous indiquez l'intitulé de votre projet et le montant de la subvention accordée à votre FAL (ou FOL) qui elle facture en son nom le projet en question à l'Inspecteur d'Académie. Les services de l'Inspection Académique verseront les fonds à votre FAL (ou FOL) qui vous les retransmet ensuite et le tour est joué... vous pouvez tranquillement gérer votre budget.

Seul, ou à deux ?

 

Les classes transplantées ont beaucoup évolué depuis leur généralisation dans les années 70. Les premières se donnaient avant tout pour objectif de faire sortir l'enfant de l'école, et de lui proposer de nouvelles choses à voir. Beaucoup étaient essentiellement organisées selon un canevas classique de visites de sites encadrées par un travail préparatoire et une exploitation, chaque séquence étant plus ou moins indépendante des autres. Mais peu à peu de nouvelles attitudes pédagogiques se sont imposées, et souvent la classe transplantée prend aujourd'hui une forme plus homogène en se structurant autour d'un projet unique, avec un début, une fin, et des phases intermédiaires de recherche et d'enrichissement du thème principal.

En parallèle à cette évolution, on a vu de plus en plus souvent les classes, autrefois essentiellement menées par les enseignants, s'ouvrir à des partenaires pédagogiques extérieurs. Aujourd'hui beaucoup de classes appuient leur encadrement sur un tandem désormais classique : enseignant / animateur nature-environnement. Cette organisation n'est bien sûr pas obligatoire, et beaucoup d'instituteurs préféreront concevoir et encadrer seuls (ou avec des parents d'élèves) leur classe, mais le fonctionnement en duo a beaucoup d'avantages :

Les compétences respectives de l'instituteur et de l'animateur sont complémentaires. L'animateur, spécialisé en environnement, pourra apporter ses savoirs (sur la région, les thématiques) et son savoir-faire (méthodes pédagogiques spécifiques à l'éducation à l'environnement). L'instituteur lui, connaît bien ses élèves (leurs savoirs, leurs limites, leurs capacités à travailler en groupe) et maîtrise le programme scolaire. Les deux ont des compétences pédagogiques, mais c'est l'enseignant le responsable.
L'animateur spécialisé constituera également un membre supplémentaire de l'équipe, ce qui permettra un travail en plus petits groupes, particulièrement utile dans la pratique d'une pédagogie active

Le fonctionnement en duo a aussi des inconvénients :

Il coûte plus cher car il faut rémunérer l'animateur à plein temps
Il met en place un fonctionnement reposant sur une personne qui, sauf exception, ne pourra pas être présente après le retour à l'école, pour les travaux sur les prolongements de la classe.
Il n'est pas toujours facile de bien délimiter les rôles de chacun, et d'être en pleine harmonie sur les méthodes de travail et les envies, ce qui peut conduire à des situations un peu "lourdes" si l'on ne se met pas bien d'accord avant. Nous ne sommes pas tous des experts de la négociation !

Un exemple de montage pédagogique

 

Voici un exemple indicatif du montage pédagogique d'une classe transplantée. On a choisi ici la solution "tandem enseignant / animateur nature-environnement". Si vous êtes enseignant et ne pouvez pas faire appel à un animateur, reprenez à votre compte (en plus des vôtres) les tâches qui lui sont allouées. L'exemple donné ici est réalisé dans le cadre d'une "Classe d'Environnement" du Ministère de l'Education Nationale, mais pourrait ressembler au montage de n'importe quel type de séjour transplanté.

1  Ecriture du projet. L'animateur écrit un projet de classe assez détaillé, qui comprend d'une manière générale les précisions reprises dans l'encadré ci-dessous.

Principales rubriques utiles dans l'écriture du projet

N'oubliez pas les éléments suivants dans le descriptif de votre projet, ils seront de toute façon nécessaire à vos lecteurs (enseignant, IEN, IA, financeurs éventuels, parents, et pourquoi pas... les élèves eux-mêmes)

Un titre, un thème général, un site, un hébergement (obligatoirement agréé par l'Inspecteur d'Académie), une date ou une période

Un encadrement (les animateurs doivent avoir au moins le BAFA, des parents peuvent venir aider)

La personne et la structure contact

Le contenu. Celui-ci précise le thème et détaille les domaines abordés, par disciplines, en relation avec les programmes scolaires (voir ci-dessous)

Eventuellement des activités sportives et visites

Le déroulement (programme au jour le jour, en gardant beaucoup de souplesse naturellement, les enfants ne sont pas des machines)

Le prix

Enfin, toutes les contraintes supplémentaires (transports, impératifs...)

Source : association Education-Environnement

Le plus souvent possible, cette phase devrait se faire en concertation avec l'enseignant, après un premier contact où celui-ci expose ses attentes.

2  Présentation et agrément du projet. L'animateur envoie son projet aux enseignants soit vers mai - juin, soit en septembre. S'il est retenu, l'enseignant prend contact avec l'animateur, modifie plus ou moins le projet et le communique à son IEN au moins 3 mois avant la classe. Celui-ci le fait passer à son Inspecteur d'Académie (IA) qui le transmet à l'IA du département d'accueil, qui le transmet à l'IEN de la circonscription concernée. Celui-ci vérifie l'agrément du centre et du personnel d'encadrement, et le retourne par la même voie hiérarchique.

3  Prise de contact enseignant - animateur - élèves - parents. Cette étape, souvent négligée, est très importante ! 2 mois à 15 jours avant le départ, l'animateur rencontre les élèves, pour une prise de contact et une présentation du projet (utile pour renforcer la motivation des élèves). Faire ensemble une sortie sur le terrain peut par exemple être un bon moyen pour que les enfants s'accoutument à l'avance à ce type de séquence. L'enseignant peut profiter de la venue de l'animateur pour faire une réunion de parents sur ce projet. Cela peut aussi être l'enseignant qui va voir le centre avant le départ.

4 Travail préliminaire sur les thématiques de la classe. Le laps de temps qui reste avant la classe est mis à profit par l'enseignant pour préparer les élèves : prise d'information sur le lieu, sur les thématiques, discussions sur la vie sur place... bref, l'enseignant fait "monter la sauce", les élèves se motivent... un échange de correspondance est possible (et souhaitable) entre les élèves et l'animateur.

5 C'est la classe. Durant celle-ci, la communication enseignant / animateur doit être permanente. C'est une équipe qui fonctionne. L'enseignant voit si ses élèves sont bien en phase et peut inviter l'animateur à revenir sur certains points. Il peut demander des prises de notes à ses élèves, qui lui permettront de réexploiter de retour à l'école, surtout dans les domaines techniques où il n'est pas compétent. Parfois l'enseignant se décharge complètement sur l'animateur, en général à cause d'un manque d'implication dès le début de la conception du projet. C'est dommage. Mais il faut faire avec.

6 Après le séjour. Une correspondance peut s'établir entre l'animateur et la classe. Une production (expo, film, journal...) peut être présentée à l'occasion d'une fête d'école ou d'une manifestation prévue à cet effet. L'animateur y sera souvent présent avec plaisir.

En conclusion, il semble important de mettre l'accent sur le plus difficile : une bonne communication entre l'enseignant et l'animateur, ce qui nécessite de part et d'autre écoute, souplesse et compréhension réciproques. Pour aller dans ce sens, une discussion très ouverte avant la classe, sur les rôles de chacun, le type de pédagogie que l'on souhaite employer... est très importante.

 

Bibliographie "La classe transplantée"

Partir, la lettre des classes de découverte et d'environnement.- Editée par les PEP. Renseignements pratiques, réflexions, conseils techniques, bibliographie spécialisée... très utile ! (Cf. annexe sur les revues).

Partir en classe de découverte.- CNDP.

Partir pour apprendre.- Vers l'éducation nouvelle.

Séjours et classes de découverte.- PERRADEAU M.- Hachette écoles.

Une classe de nature.- TRASSARD Jean-Loup.- Edition l'Ecole des Loisirs, 1984.- De nombreuses approches, poétiques et précises, vers les paysages et activités rurales. Un ouvrage utile pour réfléchir aux contenus d'un séjour transplanté, plus qu'aux aspects techniques.

Dans la nature.- Ecole & Nature.- Catalogue regroupant plus de 300 actions transplantées d'éducation à l'environnement. Essentiellement extra-scolaires, mais pouvant donner des idées pour organiser des classes.

Quelles règles pour faire voyager les enfants. Revue "Partir" n°4.

La responsabilité en classe transplantée. Revue "Partir" , n°5.

" Ma Planète ", Réussir sa classe d’environnement, hors série n°1, novembre 97, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et pour l’Homme, 70F.

 

 

Les Contrats Educatifs Locaux (CEL)

La philosophie générale de ce nouveau dispositif est l’accès de tous les enfants aux différentes formes de culture en permettant d’organiser plus rationnellement, avec la compétences de tous les partenaires, " tous les temps de l’enfant, afin de favoriser son développement harmonieux, tout en contribuant à sa réussite scolaire, à l’épanouissement de sa personnalité et à son apprentissage de la vie sociale ".

La circulaire interministérielle 98-144 du 09/07/98 (BOEN n°26 du 16/07/98) souligne l’aspect " mise en cohérence " des activités scolaires et des activités extra-scolaires, en plus de l’aspect " mise en synergie " des personnes compétentes, qu’elles soient personnels des différentes administrations et collectricités concernées localement (Education Nationale, J&S, l’Emploi, la Culture et Communication, la Ville), ou qu’elles soient acteurs privés de l’éducation (familles, associations…).

Les CEL concernent tous les enfants et jeunes des maternelles, primaires et collèges. Ils font le lien entre les temps scolaires, les temps péri-scolaires (immédiatement avant ou après l’école) et extra-scolaires (en soirée, les jours sans classe, en fin de semaine, pendant les vacances). Les projets élaborés par les différents partenaires sont validés par la commission départementales de pilotage qui assure en plus une aide et un conseil techniques. Les dossiers sont à retirer auprès de votre DDJS ou de votre Inspection Académique (attention au calendrier de mise en place, par exemple, pour la mise en place du projet à la rentrée de septembre 99, les dossiers sont à déposer avant le 25 mai 98.).

Ces contrats bénéficient pour trois ans renouvelables des moyens et financements de l’Etat. Ils peuvent faire l’objet localement d’un recrutement pour la coordination.

Les parcours diversifiés

Il s’agit d’un dispositif applicable en collège (5ème et 4ème) qui propose des temps durant lesquels les enseignants d’un établissement peuvent mener des actions de leur choix, en fonction des besoins et attentes des élèves..

Ils consistent à construire les apprentissages en détectant puis en valorisant les atouts des élèves, en s’appuyant sur leur choix et leurs centres d’intérêt pour leur faire saisir le sens du travail scolaire et leur donner la curiosité et le goût d’apprendre puis de progresser, les aider dans le développement de leur sensibilité et la formation de l’esprit critique.

Les parcours diversifiés sont un moment propice pour mettre en œuvre des démarches qui n’ont pas forcément beaucoup de place dans le reste des enseignements : transdisciplinarité, pédagogie de projet… Ils constituent donc un cadre de choix pour mener des projets d’éducation à l’environnement en milieu scolaire.

Il appartient à chaque établissement de définir les objectifs précis et l’organisation des parcours diversidfiés, si possible en bonne harmonie avec le projet d’établissement. Pour plus d’information, voir le BO, n°6, 5 février 1998.


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