mhermine.gif (4144 octets)

Ecole et Nature, réseau français d'éducation à l'environnement
Rubrique "Le réseau"
Grand historique

Accueil site

Le réseau
Historique
Finalités / objectifs
Les actions
Les publics
Les productions
La structuration
Le fonctionnement
La charte

Contact

20 ans d'histoire

École et Nature, réseau national d'Éducation à l’Environnement, est une structure née spontanément du besoin des acteurs et praticiens de l'Éducation à l’Environnement de se rencontrer, d'échanger, dans le but d'améliorer leurs pratiques. Au fil des ans, le Réseau, initialement informel, s'est enrichi, organisé, structuré, et a développé ses fonctions de mise en relation des praticiens, de mise en commun des ressources et des expériences, de réflexion et, plus récemment, de représentation du monde de l'Éducation à l’Environnement.

Prémices
Organisation-mise en relation
Mise en commun
Une Charte pour clarifier le projet
Un style pédagogique
    La pédagogie de projet
Des approches multiples et diversifiées
    Dégager une parole 
La structuration
    Un engagement social
    Un réseau qui s'étoffe 
En route vers la reconnaissance institutionnelle

1983, c'est l'organisation des premières Rencontres Nationales École et Nature. 80 personnes étaient là, en Bretagne, pour une semaine de terrain, de réflexion et d'échanges sur leur pratique d'Education à l'Environnement. C'est le premier repère car ça n'était jamais arrivé en France, un moment consacré exclusivement à l'éducation à la nature et à l'environnement ouvert à tous. Jamais on avait pris le temps de tout poser là et de regarder. C'est le début du recul collectif sur notre pratique. Il y avait des enseignants, il y avait des animateurs, il y avait des agents de l'état, il y avait des rires et du rêve, de la musique, l'île Chevalier, la mer et sa lumière.

Prémices

Évidemment, il faut remonter le courant bien en amont, explorer petits bras et petits ruisseaux, pour comprendre cette confluence soudaine, venir aux origines. Les creusets où les énergies ont pu se mettre en œuvre sont nombreux, anciens élèves du BTS "protection de la nature" de Neuvic, anciens animateurs de l'ANSTJ militants d'associations de protection de la nature, proches de la Hulotte, enseignants teintés de la pédagogie Freinet. Ils agissent déjà tous depuis des années, un peu partout, dans les écoles, les Centres Permanents d'Initiations à l'Environnement, les centres de classes vertes, les Parcs Régionaux ou Nationaux, les réserves naturelles, les associations d'éducation populaire... En plus de leur enthousiasme, une communauté de pratiques professionnelles et le sentiment d'un terrible manque sont leurs points communs.

Leur pratique c'est la mise en relation d'un public avec la nature, sur fond d'une nécessaire prise de conscience des problèmes d'environnement.

Leur manque, c'est le sentiment de l'isolement, de la solitude dans les convictions, le besoin ressenti de se former et de s'outiller pour une pratique nouvelle, plus efficace. Il apparaît aussi dès le début le besoin d'être entendu de la personne publique et de la société.

Les Rencontres ont fait leur principal effet dès le premier instant : renforcer les convictions, donner courage et confiance en soi, donner "la pêche" pour son projet qui est souvent "socialement décalé". C'est "l'effet vitamine" des Rencontres. Le succès de ces premières rencontres a poussé d'autres gens, d'autres régions, à les pérenniser années après années. École et Nature avait amorcé son voyage, un passage de relais s'effectue d'une région à l'autre. En janvier les organisateurs des Rencontres de l'année n passent le témoin aux organisateurs de l'année n+1 : île de France, Franche Comté, Normandie puis Vercors, Pyrénées et ça continue... A 100, 150, 270 participants en 1997 dans les Hautes-Alpes.

Ateliers de terrain, permettant de développer l'autoformation des groupes par la 'pédagogie de projet, ateliers d'échanges, pour discuter des pratiques et expériences de chacun, ateliers de réflexions pour avancer ensemble, tels sont les moments clés de ces rencontres, avec en prime, un thème nouveau à explorer chaque année, et aussi et surtout des rencontres avec des gens, des idées, des pratiques, du verbe, du rire, de l'écoute, du tissage de liens.

D'années en années, une épaisseur parait et avec le temps, un terrain de plus en plus riche et stable se forme. Des liens forts se tissent, des désirs naissent et des projets s'élaborent. Dans ces années-là, se constituent en Île de France et en Languedoc-Roussillon, les premiers groupes régionaux, qui prennent pour nom GRAINE . Les acteurs en sont les mêmes, ou se connaissent très bien, les méthodes identiques.

 

Organisation - mise en relation

Au fil des ans, le débat s'élargit à d'autres préoccupations que les Rencontres annuelles. Pratiquement tous les acteurs d’École et Nature à cette époque, les trouvent nécessaires mais pas suffisantes : il faut prolonger l'action, créer de nouvelles occasions d'échanger et de travailler ensemble, amorcer de nouveaux chantiers.

En 1986, la volonté de créer une association voit le jour : pour assurer la pérennité de l'aventure, offrir un interlocuteur plus facile à identifier aux partenaires, gérer une encore improbable enveloppe financière, et peut-être aussi par crainte de l'évanescence, volonté de solidifier, de conforter, d'affirmer, d'être dans un groupe repéré, qui existe bien et dit son nom.

Les objectifs généraux, qui signifient le sens du Réseau École et Nature, sont formulés :

Faire progresser et promouvoir l’Éducation à la Nature et à l'Environnement,
Former des citoyens concernés et responsables de leur environnement,
Favoriser des approches pluridisciplinaires passant par des méthodes actives,
Être un carrefour d'expressions et un laboratoire pour l'avenir.

Il faudra attendre encore quelques temps avant que la décision de créer une association ne soit prise : à École et Nature, personne ne veut rien précipiter, rien brusquer. Il faut laisser les choses mûrir, puis décider quand tout le monde a conscience de la nécessité de la décision.

D'autres décisions sont entérinées. Changement de nom, nous ne dirons plus École et Nature mais Réseau École et Nature et nous créons l'Encre Verte, bulletin de liaison. "Réseau" ? Certains (la majorité) ignoraient ce que c'était. Ceux qui avançaient l'idée, probablement guère plus informés, savaient que ce mode d'organisation interdisait la centralisation, le dogmatisme et la prise de pouvoir. C'était l'essentiel. A ce moment-là, les orientations étaient prises par un "comité de sages" de 15 personnes environ, informel et fluctuant dans sa composition. Pour matérialiser le Réseau, les relais départementaux sont créés ; une quarantaine (ils sont près de 100 aujourd'hui, présents dans 73 départements). Une première plaquette est mise au point pour présenter les buts d’École et Nature et la liste des relais. Ceux-ci ont pour mission d'informer, d'être un lien entre l'association de fait, Réseau École et Nature, et le terrain qui innove, avance et souhaite des ressources, des références, des appuis. Le relais est une personne physique qui a vécu les Rencontres et qui connaît bien l’Éducation à l'Environnement dans son département.

La réalisation et l'expédition de l'Encre Verte va passer pour un an d'une région à l'autre, suivre le chemin des Rencontres puis ne quittera plus le Languedoc, où elle s'épanouira et sera transmise au secrétariat permanent lorsqu'il sera créé en 1993.

Après 4-5 ans d'expérience, un style est déjà là, ce style qui caractérise le groupe en est un ciment. Il y a d'abord une grande légèreté qu'on pourrait qualifier d'enfantine, une tranquillité confiante qu'on pourrait croire naïve, certaines orientations pédagogiques. On ne s'entoure pas de règles énoncées, écrites. On ne définit pas de stratégie.

1988, nouveau repère : les premières Rencontres Régionales sont organisées. Les acteurs sont les mêmes que ceux qui ont vécu les nationales auparavant, même style, objectifs comparables ; se rencontrer, créer des liens, échanger, se former, s'informer, se renforcer mutuellement à l'horizontale. Une différence peut-être, au niveau régional on a plus la volonté d'entraîner l'ensemble des acteurs, et en particulier les acteurs institutionnels, dans la dynamique. Les savoir-faire acquis lors de l'organisation des Rencontres Nationales sont réinvestis progressivement dans une douzaine de régions. Les groupes organisateurs constituent les noyaux de ce qui devient des Réseaux Régionaux d'Education à l'Environnement (souvent appelés GRAINE), au travers desquels les acteurs de l’Éducation à l'Environnement deviennent les partenaires des DIREN, Rectorats, DRJS DRAF et surtout des Conseils Régionaux qui peuvent en devenir les principaux financeurs.

Un nouveau type de relais vient ainsi parachever les fondations du Réseau École et Nature. A la différence des Relais départementaux l'ancrage régional se fait à partir d'une structure associative et non d'une personne physique. On avance dans la complexité.

A la fin des années 80 les éducateurs à la nature et à l'environnement qui mettent en relation les public avec le monde se sont dotés d'un système qui les met en relation entre eux. Ils se rencontrent aux Rencontres, se parlent au travers de l'Encre Verte, c’est la mise en relation, la première fonction du réseau.

 

Mise en commun

C'est finalement en 1990 qu'une vingtaine de personnes peaufinent la rédaction des statuts de l'association "Réseau École et Nature" et élisent un conseil d'administration. Le siège de l'association sera celui des Écologistes de l'Euzière en Languedoc. C'est de là que se faisaient les expéditions d'Encre Verte vers les abonnés, elles se feront maintenant vers les adhérents et les abonnés.

Il faut bien apercevoir que cette décision a été prise autant pour des raisons techniques : organisation, gestion des comptes... que philosophiques ou politiques. Deux types d'adhérents sont invités à participer à la vie du Réseau École et Nature : les personnes physiques et les personnes morales. Aucune organisation du pouvoir (répartition des sièges au CA) visant à équilibrer les forces de ces deux collèges n'est prévu dans les statuts. École et Nature est une histoire d'êtres humains qui n'imaginent pas immédiatement l'organisation sociale dans le rapport de force.

La même année sont crées 7 commissions de travail qui fonctionnent en particulier lors des Rencontres de janvier. Fonctionnement, promotion du Réseau, centre de ressources, réflexions et théorisation sur l'Éducation à l’Environnement, catalogue des activités, inventaire des outils pédagogiques, relations internationales.

A l'issue des travaux d'une de ces commissions paraît en 1991 le premier catalogue des séjours "dans la nature" organisés par les associations membres. A sa 7ème édition, il recense 350 séjours "nature et environnement" organisés par 84 associations adhérentes. Avec ces commissions, le Réseau peut maintenant produire : études (le métier d'animateur nature), synthèses (Guide pratique "Monter son projet en Éducation à l’Environnement"... ), enquêtes (les praticiens de l'Éducation à l’Environnement en France, les besoins des acteurs... ), des projets s'élaborent, des actions se mettent en place :'Réseau des Centres de Ressource en Éducation à l’Environnement, opérations "Gestes au Quotidien" (conception et diffusion d'outils pédagogiques... ).

Avec l’apparition des commissions thématiques c'est l'émergence d'une nouvelle fonction du Réseau École et Nature, la mise en commun des savoirs et savoir-faire afin de se forger de nouveaux outils utiles à nos pratiques. Ils se rencontrent, échangent, se solidarisent puis identifient leurs besoins et choisissent d'y répondre ensemble.

 

Une Charte pour clarifier le projet.

Le survol de ces premières années ne nous a pas permis encore d'apercevoir la place des partenaires. Deux raisons à cela : les acteurs d’École et Nature étaient plus à cette époque à la fabrication de leur système qu'à sa contextualisation et la place des partenaires est faible, voir désespérément faible. Les initiatives institutionnelles concernant l’Éducation à l'Environnement à cette époque se font comme si École et Nature n'existait pas. Basiste de naissance, d'initiative populaire, le Réseau est-il condamné à rester sous-jacent?... Les relations avec les institutions se font mieux à la base. Ce sont les techniciens décentralisés des Ministères (Environnement, Agriculture, Jeunesse et Sports, Éducation Nationale) qui font le lien avec les pouvoirs publics. Paradoxalement, c'est probablement l'insistance d'une chargée de mission des services centraux du ministère de l'environnement et les moyens qu'elle a su dégager pour cela qui contraindra le réseau École et Nature à rédiger sa charte en 1992. Les institutions demandent une plus grande lisibilité du projet dont on connaît seulement les acteurs. Elles souhaitent en connaître les motivations, les intentions, la philosophie. Certains acteurs institutionnels veulent savoir à qui ils ont à faire, un besoin de " cerner " est évoqué, l'ineffable doit se dire.

L'écriture de la charte à été l'occasion d'un tour de France, introspection d'un groupe, multiples contributions, c'est un ouvrage collectif, cairn posé au bord du chemin. École et Nature ? Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'on y fait ? A quoi ça sert ? Où ça va ? Le document de synthèse fait le point, on pourra s'y référer. Plus que le résultat qui se résume à moins de 50 pages, l'intérêt de l'écriture de la charte aura été la confrontation qu'elle a exigé. On ne peut plus rester dans sa retenue, dans sa pudeur adolescente, il faut dire ce qui compte, dire oui ou non à ceux qui sont sur la même embarcation que nous, à ceux qu'on écoute d'une façon privilégiée.

Le GRAINE Poitou-Charentes a connu lui aussi cette expérience un peu plus tard, ce sont les bases d'une culture commune qui sont mises en place ainsi, prise de risques dans la parole, écoute, contradiction argumentation, remise en question... et on recommence.

Dans sa charte le Réseau École et Nature exprime ses finalités : développer l’Éducation à l'Environnement en favorisant la pratique d'une Éducation pour l'Environnement, nécessité d'amener à de nouvelles attitudes par rapport à la nature et à l'environnement et la pratique d'une Éducation par l'Environnement invitant à profiter du fantastique potentiel éducatif que représente la nature pour un plein épanouissement des individus. Les principaux mots clés qui régissent aujourd'hui la vie d’École et Nature apparaissent alors : Terrain, diversité, respect, réalité, complexité, cohérence responsabilité, échange, humanisme, méthode, réflexion, action, globalité, ouverture, sensibilité, interdisciplinarité, écoute, enthousiasme, convivialité, émancipation.

Dans sa charte École et Nature dit sa volonté de développer l’Éducation à l'Environnement par tous les moyens.

La même année les Rencontres Nationales sont pensées différemment, elles doivent apporter leur contribution à la réflexion sur nos pratiques. Une centaine de personnes travaillent ainsi sur la pédagogie de projet, en expérimentant, en confrontant. Il en sortira deux ans plus tard un ouvrage de 230 pages écrit collectivement et édité à 1000 exemplaires : "La Pédagogie de Projet, outil d'Education à l’Environnement'. Un an et demi plus tard il est épuisé. Sa réédition est faite chez l’Harmattan.

 

UN STYLE PÉDAGOGIQUE

Pas une école, pas une nature, mais une multitude d'éclairages, concrets et réalistes, de ce que recouvre l’Éducation à l'Environnement.

Il n’y a pas à proprement parler de "pédagogie" spécifique d’École et Nature, mais une série d'approches et de méthodes qui sont apparues comme des évidences au fur et à mesure des rencontres, des expériences... La réflexion pédagogique d’École et Nature vient avant tout du travail de terrain, de la rencontre avec les enfants. Parmi les tendances fortes, on retrouve la pédagogie de projet, fil directeur, et les approches multiples de l'environnement et de l'enfant. Pas encore formulées en tant qu’ " éco-formation ", ces approches, empiriques, s'en rapprochent chaque jour un peu plus.

Ecocitoyenneté - relation avec l’environnement... mais ne pas charger l'enfant de problématiques d'adultes (éducation, pas militantisme ni action politique).

 

La Pédagogie de Projet

"La fin est dans les moyens" Ghandi

C'est un point commun des acteurs du Réseau École et Nature et c'est probablement leur pratique qui les a amené à devenir des "experts" en pédagogie de projet et à pouvoir la théoriser, non pas pour se faire plaisir mais par nécessité. Le terrain, la sortie, être dehors, le contact avec la réalité, voir, entendre, toucher, sentir, goûter, être vigilant du monde, disponible, à l'écoute, s'effacer, ou au contraire intervenir, et progressivement tâcher de comprendre. Repérer des liens, sentir des relations entre les choses, entre les personnes et les choses entre les personnes. Construire un désir de réaliser ensemble (5 ou plus) quelque chose qui n'est indifférent à personne. Amener chacun à participer à l'œuvre collective, bien écouter le monde, bien écouter les autres, souder des individus qui passifs et séparés deviennent acteurs ensembles. La rencontre du milieu, la rencontre de la nature, la rencontre et la reconnaissance des autres du groupe, c'est le point de départ. Ensuite, les observations, les questions, les formulations paraissent, ensuite les savoirs se construisent, chaque nouvelle acquisition faite dans le but de répondre à une interrogation. Lecture du cadastre, détermination des arbres, indice biotique, dessin de paysage... Le groupe rencontre, le groupe observe, s'informe, se questionne, définit une problématique, puis modèle la matière avec la richesse et la précision de son intelligence commune, ensuite le groupe par la forme adaptée interpellera le milieu de ses mots, de ses gestes. Agir ensemble, ce serait bien là la meilleure définition de l'écocitoyenneté. En enracinant leur pratique dans le contact au réel, les animateurs nature-environnement sont naturellement amenés à pratiquer la pédagogie de projet, voie naturelle de l'apprentissage de soi, de la communauté et du monde.

Connaître dans le sens mais aussi s'approprier, agir, intervenir, choisir, décider, vivre...

La pédagogie de projet (P.P.) est une pédagogie de l'apprentissage basée non pas sur la transmission d'un savoir par l'affirmation mais sur le déroulement d'une "recherche - démonstration - création" menée par l'apprenant et guidée par l'éducateur. C'est une pédagogie active, différenciée, impliquant des rapports "éducateur/éduqué" non hiérarchisés, des motivations comme condition de fonctionnement et l’autonomie à la fois comme objectif et comme point d'appui.

On confond souvent projet pédagogique (contenu) avec la P.P. (méthode). Le projet pédagogique vient de l'extérieur, il est construit par une équipe d'adultes, tel un projet éducatif, un projet d'établissement, un projet d'entreprise. Par contre en P.P., le projet est conçu par le groupe même qui va le réaliser. Il est donc le fait du groupe. A l'objectif de la réalisation du projet peut s'ajouter l'objectif de la maîtrise de la méthode P.P. (ou du moins d'une approche de la méthode). Le projet, par son processus de création, favorise la motivation de rechercher et de comprendre... La pédagogie retenue, par l’autonomie et la dynamique engendrées, permet de répondre à cette motivation. Le tout donne un précieux outil d'apprentissage.

La Pédagogie de Projet permet :

d'approcher, d'approprier, de comprendre l'environnement de façon ACTIVE
d'impliquer l'individu dans son CONTACT avec son milieu
de prendre en compte l'individu, l'environnement de manière GLOBALE
de faire émerger la DIVERSITÉ des opinions, des approches
de se sentir RESPONSABLE de son apprentissage, de sa compréhension,
des rapports entre l’Homme et l'environnement.
de devenir ACTEUR (expérience de la citoyenneté)

La P.P. permet aussi surtout à l'apprenant de ne pas rester extérieur à son apprentissage, mais :

de vivre, seul et en groupe,
d'intérioriser, d'enrichir, de transformer, de valoriser le vécu par l'apport de connaissances et par la réflexion
et de redonner (à soi-même, aux autres du groupe, aux personnes extérieures au groupe), toute la recherche ayant accompagné le projet.

 

Des approches multiples et diversifiées

C'est un peu grâce au Réseau École et Nature que les approches sensorielles et émotionnelles se sont répandues en France. Le travail de quelques uns s'y est diffusé, largement réexploité, adapté... Un peu d'errance, d'effets de modes parfois sur des approches pédagogiques nouvelles (les approches sensibles se sont répandues comme une mode dans un premier temps, parfois comme un refuge pour certains), des thèmes de rencontres (Art et Nature, approches sensibles, activités physiques de plein air...). Évidences, besoins, bouffées d'air frais, ces approches "nouvelles" pour des gens qui étaient souvent issus des milieux scientifiques, naturalistes, ou issus du moule de l’Éducation Nationale, ont mûries et ont été peu à peu assimilées, appropriées.

L'individu, l'enfant, est multiple : il est être d'esprit certes, mais aussi être sensible, social, psychologique, il s'adapte et se projette (cf. Jean Vassilief). Il rêve, pense, joue, il est social et individu. "Sa vie oscille (comme celle de chacun) non pas entre deux pôles, comme, par exemple, l'instinct et l'esprit, ou le débauché et le saint, mais entre des milliers de contrastes, entre d'innombrables oppositions"

L’environnement, lui aussi, possède de très nombreuses dimensions, qui vont bien au delà des sept définitions inventoriées par Lucie Sauvé ou André Giordan : naturel, social, politique, économique certes, mais aussi symbolique, historique, scientifique, émotionnel...

Au travers des rencontres, et plus largement du Réseau, la prise de conscience s'est développée que l'étude scientifique de la nature, à l'origine de bien des pratiques pédagogiques, est sans doute nécessaire, mais pas suffisante. Elle ne permet pas d'aborder l'environnement dans toute ses dimensions. La symbolique, l'histoire, la politique, l'économie, la création artistique, le jeu, le sport, le rêve... sont autant de domaines qu'il faut explorer. Le champ d'action s'est donc peu à peu étendu de la nature à l'environnement, de l'enfant à l'écocitoyen. C'est aussi et surtout la prise de conscience que l'objectif premier d'une Éducation à l’Environnement, au delà de la responsabilisation, de la gestion... est bien la mise en relation de l'individu avec son environnement et avec l'autre.

La structuration

En 1992 également, une enquête sur le métier d'animateur est réalisée, faute de moyens elle ne sera pratiquement pas valorisée. En 1993, c'est clair pour tout le monde, l'énergie militante, le bénévolat des uns et des autres n'y suffisent plus : un secrétariat permanent est mis en place, un premier permanent est embauché, rapidement suivi par quelques autres... Avec toujours, et plus que jamais peut-être, le souci que le projet reste entre les mains des membres du Réseau, acteurs de terrain.

Le champ couvert par les dernières années s'agrandit, il faudrait élargir le tableau pour tout y mettre, ce n'est pas le lieu, donnons les traits les plus marquants. Le fonctionnement de l'institution École et Nature commence à se roder. Nous trouvons au bureau 8 membres dont un président élu pour 2 ans, 5 de ces membres étaient présidents de réseaux régionaux en 1996.

 

Dégager une parole

Il faut noter en 1994 l'édition de la première plaquette présentant l'ensemble des Rencontres d’Éducation à l'Environnement en France, 12 régions en organisent, cette plaquette informe et affirme la cohérence du réseau. Tous les réseaux régionaux prennent de plus en plus d'importance, les problématiques régionales gagneront à se confronter. En 1994 se tiennent les premières rencontres inter-GRAINE, à l’invitation d’École et Nature. Une rencontre de même nature se déroulera en 95. En 96, puis en 97, ces rencontres se nommeront désormais InterRéseau en associant trois échelles géographiques : départementale, régionale et nationale. Les réseaux régionaux, plus qu’École et nature au niveau national, sont des institutions dans les régions, des partenaires désirés, reconnus, utiles, écoutés. Certains GRAINE comptent plus de 50 associations adhérentes. Nous pouvons estimer que c'est dans ces Rencontres interRéseau (qui mettent autour de la table une cinquantaine de responsables associatifs, d'une quinzaine de régions) que se trouve la parole commune des éducateurs à l'environnement du pays. C'est là la troisième fonction du Réseau École et Nature, dégager et porter dans la société la parole commune des éducateurs à la nature et à l'environnement. Un interGRAINE dans École et Nature, un autre niveau de complexité.

1994 c'est aussi l'année RéCRÉÉ (Réseau de Centres de Ressource en Éducation à l’Environnement). Mettre à disposition les ressources est toujours une des préoccupations du Réseau, investir pour cela le plus grand nombre de sites d'information spécialisés ou non, nous semble une évidence, environ 80 sites s'engagent. La DIQV dégage les moyens d'une étude qui, rendue en 1995, reste lettre morte dans les tiroirs de ses commanditaires.

 

Un engagement social

1994 et 1995 sont marqués du sceau de Rouletaboule , histoire d'un pari gagné. Remportant l'appel à idée "Environnement, quels gestes au quotidien ?" lancé par la Fondation de France, École et Nature empoche un chèque d'un million de francs pour créer des outils pédagogiques destinés aux 6-13 ans. Dans ce projet tout le Réseau est entraîné. L'arrivée de la Fondation de France et du projet Gestes au Quotidien va jouer un rôle très important pour École et Nature.

Le service communication de la Fondation de France travaille à la notoriété de la malle pédagogique et d’École et Nature (Télé, quotidiens, magazines... ) les retombées sont impressionnantes et confortent l'ensemble du réseau.

L'entreprise fait son entrée dans le projet d’École et Nature, financement, aide technique, soutien logistique, d'égal à égal des conventions sont signées avec Sita et Lyonnaise des Eaux. En cascade les associations du réseau sur le terrain conventionnent avec le privé pour développer des campagnes de sensibilisation au tri sélectif des déchets. L'Éducation à l’Environnement commence à s'inscrire dans d'autres champs de la société que celui de l'école et du milieu associatif. Rouletaboule est également l'occasion de travailler avec des partenaires associatifs significatifs : UNCPIE, OCCE, UFC. Les associations d'Éducation à l’Environnement deviennent de véritables partenaires dont la société a besoin pour participer à la résolution des problèmes environnementaux... Dans nombre d'entreprises et de communes, la "pub" et la "com" reculent un peu, la pédagogie avance... L'Éducation à l’Environnement entre un peu plus dans le champ social.

 

En 1995 parait la première édition du "Guide Pratique pour monter son projet d'Éducation à l’Environnement". Il a pour objectif de donner toutes les ficelles à celui qui entreprend. Il bénéficie d'environ 100 contributions d'éducateurs de terrain. 1500 exemplaires sont épuisés en moins d'un an, avec juste nos associations comme moyen de diffusion.

En 1995 École et Nature crée son site sur internet et commence à utiliser le mail. C'est le début d'une nouvelle aventure. A l'époque la chose est encore rare et les regards convergent vers cette initiative. Pour Ecole et Nature, internet se révèle rapidement utile à deux titres principaux. Il y a d'une part la communication externe. Le site d'Ecole et nature voit ses consultations doubler, voire tripler chaque année (en 2001 ce sont 80.000 lecteurs), les retours des lecteurs nous apprennent qu'ils y trouvent souvent matière à renouveler leurs pratiques, qu'ils y font des rencontres professionnelles décisives pour leurs projets. Le web devient progressivement le média privilégié pour porter l'éducation à l'environnement vers de nouveaux publics. Il y a aussi le fonctionnement interne du réseau. A l'heure ou se multiplient les groupes de travail, les réseaux territoriaux, les projets alliant des partenaires éloignés...  le mail et les listes de diffusion se révèlent être des outils incontournables, permettant à tous ceux qui le souhaitent d'être au courant de ce qui se passe et de  s'investir là où ils le souhaitent.

Un réseau qui s'étoffe

La complexité gagne de tous côtés : l'équipe salariée grandit pour atteindre la quizaine de permanents. De nombreux membres du réseau sont missionnés sur des actions ponctuelles. Le réseau lui-même compte 300 organisations adhérentes dont 16 Réseaux Régionaux d'Education à l'Environnement, des Parcs Nationaux ou Régionaux, des associations Nationales d'Education populaire, des associations de protection de la nature ou d'Éducation à l’Environnement, des Maisons de la Nature et de l'environnement, des CIN, des CPIE. 150 personnes physiques adhérent en leur nom propre, ce sont le plus souvent des animateurs, des enseignants, des agents de l'état et de collectivités publiques.

En route vers la reconnaissance institutionnelle

Pendant de longues années la reconnaissance du Réseau par les institutions est attendue : baisse de financement, restrictions, non association aux projets des Ministères. Heureusement, les dernières années ont vu évoluer cette situation.

En participant au sommet de New York en juin 97 pour le Bilan Rio +5, ou aux travaux de la commission HASCÖET sur l’emploi et l’environnement, en participant également de façon ponctuelle à la commission française du développement durable, École et Nature a commencé à porter la parole des acteurs de terrain dans les lieux de pouvoir et de décision. 

Suite au sommet Planet’ERE de Montréal qui a réuni 700 acteurs de l’Éducation à l’Environnement originaires de 34 pays francophones, le réseau Ecole et Nature a travaillé, aux côtés de nombreux autres organismes, à la mise en place d'un "Collectif Français pour l'Education à l'Environnement" dont les premières actions importantes ont été la tenue des premières Assises Nationales de l'Education à l'Environnement à Lille en février 2000 et l'organisation du sommet international Planet'ErE II à Paris en novembre 2001. A ces deux occasions les partenaires institutionnels ont montré leur intérêt grandissant.

Dans le même temps, des partenariats durables ont commencé à s'établir avec des organismes comme l'ADEME, preuve que le réseau est aujourd'hui reconnu comme un acteur compétent et fiable pour des projets de grande envergure.

Aujourd’hui nous nous apercevons que les éducateurs à l’environnement constituent une petite sphère dans la grande mouvance des artisans du développement durable.

Il y a des paysans Bio, des acteurs de l’économie alternative et solidaire, des organisations œuvrant pour l’échange équitable entre le nord et le sud... beaucoup de fonctions différentes, toutes exercées par des personnes mues par des convictions très voisines, c’est évident, elles ont quelque chose à faire ensemble.

Retour en haut de la page

 

Toutes les informations de ce site sont libres de droit pour une utilisation non commerciale. Voir les conditions d'utilisation.
Dernière mise à jour de cette page : 15/01/02. Retour à la page d'accueil d'accueil de la rubrique, du site